L'annonce imm
inente d'une progression spectaculaire du nombre de chômeurs en cette fin novembre, est la traduction nationale des conséquences de la crise financière puis économique internationale que nous vivons depuis plusieurs mois maintenant.
Cette situation difficile, et personne ne peut s'en réjouir, contredit les propos toujours rassurants de notre Ministre de l'économie Christine LAGARDE.
La Lorraine et le Pays Haut n'échapperont pas à de fortes turbulences en matière d'emploi. Au moment où j'écris ces quelques lignes, le Comité d'Entreprise d'ARCELOR-MEETAL est convoqué en séance extroardinaire à son siège luxembourgeois. Il est fort à craindre que des mesures allant bien au delà du seul chômage technique soient annoncées.
Comptant près de 20 000 emplois directs, le secteur automobile lorrain est aussi en crise. Déjà, les entreprises ont pris des dispositions : chômage technique de plusieurs semaines mais, plus inquiétant, non renouvellement des contrats intérimaires.
Ainsi, sur l'Arrondissement de Briey où cette activité économique emploie le plus de salariés, ce phénomène est très fortement ressenti : il n'y a déjà quasiment plus aucun intérimaire dans ces entreprises. C'est, malheureusement, de cette manière qu'est amorti - excusez moi de cette expression inappropriée quand des femmes et des hommes sont concernés au premier chef - le premier choc du ralentissement de la croissance dû, dans cet exemple, aux faibles commandes de voitures neuves. Il faut espérer que la conjoncture s'améliore rapidement sinon c'est bien auprès des salariés en contrat à durée indéterminée que seront orientées les prochaines mesures.
Deux autres indicateurs viennent confirmer cette tendance sur le Pays Haut : le service de l'emploi enregistre sur notre secteur une hausse du nombre de chômeurs d'environ une centaine par mois depuis août 2008. Et, plus inquiétant encore, les dispositfs de contrats aidés mis en place en urgence par le Gouvernement, ne trouvent à ce jour que peu d'écho auprès des entreprises - on pouvait s'en douter - mais également auprès des collectivtés locales et associations. Le tissu des PME-PMI est, lui aussi, en mauvaise posture.
Loin de moi de vouloir être exagérément pessimiste ou de dresser un tableau plus noir qu'il ne l'est. Je m'en passerai bien. Mais, devant ces signes peu encourageants pour demain, les salariés licenciés, les chefs d'entreprises attendent beaucoup plus que des effets d'annonce de milliards d'euros déversés dans l'économie française. Rien n'arrive, pour le moment, sur le terrain. La mobilisation doit être maximum sinon, à la grave crise économique se substituera une crise sociale dont on ne peut dire, aujourd'hui, les formes qu'elle pourrait revêtir. Personne n'y a intérêt.